2° 20′ 14,0245” E

PROJET PHOTOGRAPHIQUE AUTOUR DU MERIDIEN DE PARIS
/// EMILIE AKLI /// EMILE OUROUMOV /// 2010
DEGRÉS DE LATITUDE

Le projet 2° 20’14,0245”E consiste en une exploration photographique de Paris selon une procédure systématisée, prenant appui sur l’axe Nord-Sud entre la Porte Montmartre et les abords de la Porte d’Orléans. Cet axe se situe à environ deux degrés de longitude Est par rapport au Méridien de Greenwich. Il s’agit de l’ancien Méridien de Paris, matérialisé à certains endroits par une série de médaillons en bronze, oeuvre de l’artiste hollandais Jan Dibbets à la mémoire du scientifique François Arago. Ce dernier est d’ailleurs très lié à la photographie dans la mesure où il défendit le daguerréotype à l’Académie des Sciences en 1839.

Comme toute métropole sujette à des transformations architecturales profondes, Paris est aussi le théâtre de nombreux travaux photographiques visant à rendre compte du paysage urbain à un instant précis. L’éventail d’exemples de prises de vue systématiques s’étend de la période pré-Haussmannienne immortalisée par Eugène Atget au XIXème siècle aux environnements virtuels des projets tels que Google Earth et Quick Time Virtual Reality 360°, mêlant réseaux, cartographie et photographie.

Dans le champ de l’art contemporain, on peut notamment citer certains représentants de l’Ecole de Düsseldorf (Thomas Struth, Thomas Ruff, Andreas Gursky). A la suite de Bernd et Hilla Becher, ils se sont essayés à toutes les déclinaisons du document, produisant des images « pures » et non manipulées.

Au-delà de cet héritage photographique qui se veut neutre et sériel, le projet 2° 20’ 14,025”E représente également une filiation aux pratiques situationnistes consistant à arpenter une ville selon un parcours déterminé.

De ces approches, il a été retenu la rigueur et le systématisme dans la mesure où ils s’opposent au caractère éphémère de certains éléments (piétons, véhicules, travaux publics, affichages…) entrant dans le champ de l’appareil. Si l’on reproduisait l’expérience à intervalle régulier, les lieux (les différents quartiers), le moment ou l’époque seraient davantage caractérisés par ces objets transitoires que par les éléments pérennes du cadrage (architecture et voirie). Ainsi, la rigueur de cadrage permet paradoxalement de mieux rendre compte de ce qui est fugace et aléatoire.

La recherche de ces médaillons s’est rapidement transformée en expédition urbaine, avec GPS, carte et boussole à l’appui. Certains semblent avoir disparu sous les couches successives de bitume, d’autres ont été descellés, rendant encore plus difficile leur localisation. Leur positionnement Nord-Sud aléatoire rend les prises de vue d’autant plus imprévisibles. L’aspect technique de la réalisation implique une série de cinq vues successives pour chaque point. La première est prise verticalement, en plongée sur le médaillon. Les quatre suivantes sont effectuées en pivotant successivement l’appareil vers chacun des quatre points cardinaux, dans l’ordre Nord, Est, Sud, Ouest.

Contact:

eakli [at] yahoo.fr

ouroumov [at] gmail.com

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